les mythes de la balance (zodiaque)
Publié le 15/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
C:Documents and SettingsuserMes documentsMes imagesdieux2lapommedordeshespérides.jpg
Pour découvrir l’enclos secret d’Héra et y accéder, Héraklès consultera Nérée, le vieux de la mer « parce qu’il incarnait la forme la plus grave et le plus solennelle de la justice ». On peut juger étrange qu’il aille voir le plus juste des hommes pour commettre un acte douteux. Mais il faut bien que nous nous retrouvions ici dans le camp de la justice. Voici donc le lien entre justice, engagement, mariage et amour. La fonction de Nérée, nous dit Marcel Détienne, est de « ne jamais oublier l’équité » et de n’avoir que « justes et bénignes pensées ». Sa justice est sans violence, « sans esprit de querelle ». Nul ne peut lui cacher la vérité et le chemin qu’il indique ne peut qu’être juste. Nérée dira donc la vérité à Héraklès ; il lui indiquera la bonne route qui mène au jardin. Nous retrouvons ici les valeurs « cardinales » propres à la Balance. Héraklès passe par le rocher auquel est attaché Prométhée et le délivre en tuant d’une seule flèche l’aigle de Zeus qui chaque jour dévore le foie du grand rebelle. Délivré, Prométhée accompagne Héraklès jusqu’au verger d’Héra. Zeus ferme les yeux sur le geste d’Héraklès qui libère son prisonnier, mais Prométhée devra porter une bague faite d’un morceau de sa chaîne et sertie d’une pierre du Caucase. Cette bague n’évoque-t-elle pas l’anneau d’alliance qu’on retrouvera au doigt des jeunes mariés ? Parvenus au jardin des Hespérides, les deux amis rencontrent Atlas soutenant les colonnes du ciel, le serpent Lado entourant sa jambe et obéissant à Atlas comme un chien. Héraklès jouera un mauvais tour au serviable porteur du monde, on le verra, et comment il le trompe après avoir usé de ses bons offices, la ruse étant d’ailleurs suggérée par Prométhée. Les deux compères s’emparent donc des pommes d’or, sans violence sinon sans malice. L’histoire s’achève de façon étrange, morale et juste : Héraklès revient à Mycènes avec les fruits précieux. Mais sous l’arbre, il a brièvement perdu conscience, connu un instant magique, initiatique, été mis en contact avec le langage des étoiles. Il lui est dit, nous rappelle Isoline Agenet, qu’il ne faut pas triompher par la ruse mais par la justice. Voici bien la dimension saturnienne de la Balance ( Saturne en exaltation dans le signe ) qui nous parle d’équité, de vérité. Héraklès rapportera à Eurysthée les pommes d’or mais, étrangement, ce dernier ne saura qu’en faire. Craint-il le courroux d’Héra ? Ainsi notre héros restituera-t-il les fruits à Athéna qui l’a constamment soutenu. Elle ira les reporter elle-même dans le jardin des Hespérides. C’est là, dit-elle, qu’ils doivent être. Telle est leur juste place. De même il nous est dit que pour accéder au monde des Bienheureux « il faut avoir agi conformément à la justice, à la sagesse, à la modération ».
Publié le 15/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
C:Documents and SettingsuserMes documentsMes imagesdieux2CREATURE DE Pygmalion.jpg
Un autre mythe peut être retenu comme évocateur du signe. Il s’agit de Pygmalion et de Galatée. Pygmalion est sculpteur mais il n’aime pas les femmes ; aucune ne trouve grâce à ses yeux, aucune n’est jamais assez belle. Un jour le désir le prend de sculpter la plus belle des créatures, celle avec laquelle aucune femme de chair ne pourra rivaliser. Il commence son œuvre, et l’affine au fil des mois, corrigeant un défaut, la rendant parfaite en tout point. Il ne lui manquera plus, littéralement, que la parole. Et le regard. Pygmalion tombe amoureux de cette créature sans voix et sans expression, et supplie Aphrodite d’éveiller à la vie cette femme de pierre. Mais sera-t-elle amoureuse de son créateur ? Il devra la caresser, lui parler, l’émouvoir dans cette chair qu’il refusait aux autres, la rendre humaine, désirable et désirante. Passer de l’abstraction de ce signe d’Air à la dimension charnelle de l’âme. Peut-être la damnation de la Balance est-elle là, dans son refus de l’incarnation, ou sa douleur à la vivre, elle qui ne rêve que d’amour et de sentiments sublimes…Parmi les travaux d’Héraklès, celui qui correspond le mieux au signe de la Balance est assurément lié à la cueillette des pommes d’or du jardin des Hespérides. Là il est à la fois question de tendresse et d’amour—sentiments auxquels Zeus nous a rarement habitués—et justice. Nous sommes bien au cœur des mythes de la Balance. On se rappelle que Zeus a épousé Héra et que les noces se sont déroulées dans le jardin des Hespérides. Zeus encore épris, pour séduire Héra s’est même transformé en oiseau se réfugiant dans le sein de sa bien-aimée…Ce sont les heureux débuts d’un mariage promis à un avenir plus orageux. Dans ce jardin, et parmi les cadeaux offerts par les invités et les dieux de l’Olympe, on retiendra le présent de Gaïa : un arbre magnifique, couvert de pommes d’or. Héra le trouvera si beau qu’elle décidera de le faire transplanter dans son verger personnel, en confiant la garde à trois nains et à un serpent. Le mariage implique ici, en relation avec la symbolique de la Balance, signe de l’engagement, du contrat moral ou matériel, réciprocité. À la Balance, nous sommes liés à l’autre, par promesse et sceau inviolables.
Publié le 09/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
C:Documents and SettingsuserMes documentsMes imagesdieux2ARBRE DE PHILEMON ET BAUCIS.jpg
Ainsi Philémon et Baucis sont-ils déjà bien vieux lorsque Zeus et Neptune, déguisés en mendiants parcourant la région, frappent à leur porte. Alors que partout ils ont été chassés, là ils trouvent un accueil digne d’eux. Philémon et Baucis leur offrent tout ce qu’ils possèdent, proposent de partager leur modeste brouet et prient leurs visiteurs d’excuser la simplicité du repas. Les dieux, touchés par tant de gentillesse, leur suggèrent de faire un vœu dont ils promettent la réalisation. Philémon et Baucis souhaitent ne pas connaître la douleur de survivre l’un à l’autre. Alors Zeus leur affirme qu’ils vivront encore très vieux. À leur mort, ils seront tendrement enlacés. Une autre version en fera deux arbres proches à se toucher . Tout comme d’autres amoureux seront changés en oiseaux, libres dans le ciel.Veut-on nous dire que l’amour heureux et durable est fait d’humilité, de patience, de tolérance mutuelle et de tendresse, d’exigences mesurées et d’acceptation paisible des limites et des épreuves apportées par la vie ? Hors du champ passionnel de la Balance…
Publié le 09/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
C:Documents and SettingsuserMes documentsMes imagesdieux2ORPHEECONTREPSYCHE.jpg
Qui est Psyché ?
Fille de roi, elle possède pour son malheur une beauté prodigieuse. Sa grâce éclipse celle d’Aphrodite au point que les humains la traitent comme une déesse et lui apportent des offrandes. Celle qui règne sur l’amour ne peut supporter cette jeune rivale au profit de qui on néglige les sacrifices qui sont dus à la seule Aphrodite, déesse ombrageuse, susceptible, capable de poursuivre Psyché de sa haine. Elle fera tout pour se venger de l’innocente jeune fille. Elle appellera son fils et lui commandera d’aller trouver Psyché : « Tu la mettras en présence d’un monstre hideux et tu inspirera à Psyché un amour absolu pour cette abomination ». Éros s’apprête à obéir à sa mère, mais il trouve Psyché si belle et si touchante qu’il ne peut se résoudre à accomplir sa mission. Même le dieu de l’amour, on le voit, peut éprouver detendres sentiments pour les créatures mortelles qu’il est chargé de perdre. Aphrodite avait ordonné à son fils : « Tu l’amèneras au sommet d’un rocher, habillé de sa robe blanche d’épousée, et tu l’abandonneras là. Le monstre horrible viendra la chercher ». Psyché se retrouve ainsi, seule, sur son rocher attendant le sort étrange et mystérieux qui lui est réservé. Elle s’attend au pire, à dire vrai…Au bout d’un moment, Zéphir soulève Psyché et elle atterrit dans un lieu enchanteur, devant un palais aux pavés d’or, aux murs incrustés de pierreries. Tout y est somptueux, inégalable, incomparable. Les portes s’ouvrent ; elle entend des voix musicales qui lui parlent avec bienveillance, l’invitent à visiter le palais. Elle est accueillie par des serviteurs invisibles. On pense à la belle et la bête…si ce n’est qu’ici la bête n’est autre qu’un superbe jeune dieu, le plus séduisant de tous. On fait goûter à Psyché des choses exquises mais jamais elle ne voit personne. À la nuit, elle se couche et là elle est rejointe par Éros qui lui déclare que désormais elle est son épouse, qu’elle sera la plusheureuse, la plus comblée des femmes, mais jamais elle ne devra tenter de le voir. Après l’avoir « connue », au petit jour, il disparaît. Elle peut s’ébattre avec lui tant qu’elle le veut mais n’a pas même le droit de lui demander de se montrer à elle tout entier. Elle est comblée, sans doute, dans les bras d’amour ( si on ne l’est pas par lui, par qui le serait-on ?). Mais au bout de quelques mois, l’ennui s’insinue dans sa vie. Elle finit par dire à son époux : je t’aime, je t’adore mais j’aimerais bien voir mes sœurs de temps en temps ; je me sens si seule lorsque tu disparais…les journées sont longues. Éros s’en inquiète. Il se méfie des deux sœurs de sa jeune femme, frustrées, jalouses et mal mariées. Il tente, sans succès, de la dissuader. Elle tient bon. Il l’avertit des dangers qui la menacent, lui dit que si elle les invite elle court à sa perte, à leur perte à tous deux. Mais ce que femme veut…même le dieu de l’amour doit le lui accorder. Et maintenant, elle est femme, pleinement. Elle promet de ne rien révéler de leur pacte, de garder leur secret. « si tu me vois, lui dit-il, l’enfant que tu portes n’aura jamais droit à l’immortalité alors que, si je reste caché à ton regard, il deviendra immortel ». mais en vain. Il finit par céder et ajoute : « ne réponds à aucune question me concernant ». Les sœurs viennent, éblouies par la magnificence du palais et jalouses à en crever. Elles feront tout pour semer le doute dans l’esprit de Psyché.« Si tu ne peux voir ton mari, insinuent-elles, c’est que c’est un monstre hideux, un serpent qui va te dévorer et qui attend que tu accouches pour dévorer aussi ton enfant ». Cette fois, Psyché s’inquiète. Et les sœurs reviennent. Psyché tente bien de leur résister, de se taire, mais peu à peu ses sœurs lui font perdre confiance en ce mystérieux époux dont, au fond, elle ne sait rien. Elle finit par prendre peur. Et un jour, un poignard d’une main et une lampe à huile de l’autre, elle se rapprochera de son époux endormi, se penchera sur lui. Et elle le voit, si beau, si merveilleux que infiniment troublée, elle laisse tomber le poignard à terre et qu’une goutte d’huile brûlante tombe sur l’épaule d’Éros et le réveille. Il s’enfuit aussitôt et lui dit : « Malheur à toi, tout est perdu ! » Et à entendre cette malédiction, on se demande : l’amour, pour demeurer, doit-il aussi être aveugle ?…
Psyché, désespérée, éperdue, part à sa recherche. Ses sœurs, apprenant qui est ce divin mari, veulent aussi le chercher et l’épouser. Elles sont assez sottes pour revêtir la robe de mariée et se placer sur le rocher d’où Psyché a été ravie. Elles se jettent dans le vide, persuadées qu’Éros va les enlever…mais on l’imagine, avec un résultat bien différent !
Publié le 08/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
C:Documents and SettingsuserMes documentsMes imagesdieux2EROSE ET PSYCHE REGARD INTREDIT.jpg
Parmi les mythes qui nous parlent d’amour et de regard interdit, il faut évidemment citer celui d’Éros et Psyché, celui d’Hadès et Proserpine. Cette dernière, une fois rapté par Hadès, ne peut plus voir le monde d’en haut, n’est plus vue par nul autre que son implacable époux. Elle ne voit plus le jour des vivants jusqu’à ce que , grâce à sa mère, elle soit autorisée à passer une partie de l’année à nouveau au soleil. Comment voit-on quand on est dans l’univers des morts, de la nuit, de l’ombre ? Et comment est-on vu ? condamnée à retrouver, toujours son époux, parce qu’elle a consommé aux enfers un grain de grenade, offert perfidement par Hadès ; arrachée à ses jeux, brutalement, violemment, arrachée à son innocence et à sa jeunesse, attirée par une fleur merveilleuse posée là par le futur époux résolu à l’enlèvement. Un narcisse à corolle d’or. La beauté de la fleur servira ici de piège. Proserpine, sensible à l’esthétique, ne résistera pas à la tentation de cueillir le narcisse. Elle deviendra reine des Enfers. Passant alors, à travers cette zone mystérieuse de la Balance, au règne du Scorpion, au mariage avec l’implacable et fascinant Hadès. Elle sera, certainement, amoureuse de cet époux peu ordinaire. Et riche. Plus qu’un autre. L’histoire d’Éros et psyché est , côté Balance, exemplaire. Qui est Éros ? le fils d’Aphrodite, appelé aussi Amour ou Cupidon, jeune incarnation divine de la beauté et du désir. Selon Hésiode, il serait né au commencement de tous les temps, de chaos, le vide, et c’est lui qui aurait provoqué l’union de Gaïa et d’Ouranos. Intéressant rapport entre le vide et l’amour ? Nourrirait-on seulement ce dernier de ce qu’on y met, à l’image des auberges espagnoles ? Mais il existe d’autres versions sur la nature d’Éros. Certes il faut bien que le désir soit à l’origine de la survie des espèces, et faire naître l’amour du vide ou de Chaos tend à nous rappeler que nous fantasmons à loisir dès que nous sommes touchés par les flèches de Cupidon. Mais Hésiode est peut-être de parti pris puisque certaines déesses, telles que Nyx la nuit, ne sont engendrées par aucun dieu, Nyx elle-même engendre seule la plupart des calamités qui frappent les humains. Une autre version veut que la naissance d’Éros ait précédé celle d’Aphrodite ; une autre façon de donner au désir juvénile une absolue priorité sur la fécondité féminine. Enfin, une version assez classique fait d’Éros le fils-amant d’Aphrodite, rejoignant ainsi le tableau le plus traditionnellement lié aux déesses mères et à leur petit dieu parèdre. Quoi qu’il en soit, Éros n’est-il pas la représentation parfaite de la nature vénusienne et masculine de la Balance ?
Publié le 08/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
C:Documents and SettingsuserMes documentsMes imagesdieux2MORT MYSTERIEUSE DORPHEE.jpg
Orphée meurt, selon les versions, attaqué par ses chères Ménades délaissées et ivres de jalousie. Leur crime, lorsqu’elles le dépècent,leur vaut d’être changées en chênes. Encore des arbres. On dit également qu’Orphée omit d’honorer Dionysos lorsque le culte de ce dieu sauvage se répandit en Grèce (bien que certains prétendent aussi qu’Orphée n’est autre que Dionysos). Orphée aurait condamné les sacrifices humains, interdit de manger de la viande, enseigné les mystères, affirmé le culte apollinien, suscitant ainsi la colère de Dionysos qui aurait inspiré la folie meurtrière des Ménades ou d’autres femmes « sauvages », les Bessarides. On dit que les Ménades auraient pénétré dans le temple où Orphée officiait et où se trouvaient leurs époux, se seraient emparées des armes laissées par eux à l’extérieur du temple, auraient tué leurs maris et mis Orphée en pièces, jeté sa tête dans le fleuve Hébros. Les Muses, éplorées, enterrèrent les membres épars d’Orphée et sa tête aurait été transportée à Antissa, caverne consacrée à Dionysos, où elle n’aurait cessé de prophétiser, nuit et jour, jusqu’à ce qu’Apollon, exaspéré, piétine cette tête obstinée et lui interdise désormais « de s mêler de ses affaires ». Il existe d’autres versions de la mort d’Orphée. Zeus aurait décidé de le punir pour avoir révélé trop de secrets interdits. Orphée avait institué des rites orphiques et les mystères d’Apollon en Thrace, ceux d’Hécate à Ésine et à Sparte, ceux de Déméter qu’on retrouvera à Éleusis. Peut-être aussi a-t-il révélé quelques-unes des choses qu’il avait vues lors de sa descente aux enfers. Chaque version a sa justification. Orphée le poète et le prête, le prophète et l’initié joue ainsi aux frontières de la vie et de la mort, tente de réconcilier Apollon le dieu mesuré, celui qui enseigne : « Domine-toi, hais l’insolence, respecte l’autorité, ne te glorifie pas de ta force…et maintiens la femme sous ta loi », ainsi qu’on peut le lire sur une inscription du IIIè siècle avant J.C. en Mysie—et Dionysos le dieu dément qui part d’autres voies parvient à l’extase sacrée. Faible, faillible en tant qu’homme, fabuleusement créateur en tant que presque dieu. Le mythe d’Orphée et d’Eurydice n’est pas le seul à poser le problème du regard, du droit à voir, du besoin de « donner à voir », de l’interdiction de regarder et des châtiments qui sanctionnent la transgression de cet interdit. Ce thème du regard semble profondément lié à la Balance et à cette « vénus extime » dont parlait J.Carteret, en l’opposant à la « vénus intime » du Taureau. Et J.Carteret faisait de Proserpine, planète transplutonienne encore à découvrir, la maîtresse de la Balance. Vénus qui « se donne à voir », qu’il faut conquérir par des aubades et des sérénades et des échelles de soie, comme dans l’histoire cruelle de Roméo et de Juliette, amoureux romantiques et perdus eux aussi. Vénus de l’amour courtois et quelque peu désincarné où les pulsions de la chair sont sublimées, transformées en œuvres d’art, épurées, embellies, transfigurées. L’amour courtois crée la distance, l’impossible idéalisation. C’est-à-dire, encore une fois, le romantisme. Transcendées, ces pulsions se font complices de l’abstraction contre la réalité charnelle de la vénus du Taureau. La Balance est sensible au regard de l’autre, au jugement qu’il porte sur elle. Elle craint d’être vue et pourtant, coquette, élégante, jolie, elle entend être regardée. Contradiction. Et ce n’est pas la seule dans ce signe, épris de justice et d’équité rigoureuse par son Saturne « exalté », un peu mélancolique, et séductrice prête à toutes les concessions, charmeuse impénitente…
Publié le 08/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
C:Documents and SettingsuserMes documentsMes imagesdieux2MORT EURYDICE.jpg
Un jour Aristée, fils d’Apollon, aperçoit Eurydice. Séduit, il la poursuit. On dit même qu’Aristée tente de la violer. Et c’est ainsi qu’en fuyant, éperdue, elle se fait piquer la jambe par une vipère et meurt. Comportement impardonnable de la part d’Aristée, ce fils de Cyrène, nourri d’ambroisie et de nectar comme un dieu. Apollon, son père, l’aurait un jour conduit jusqu’à la demeure de Chiron le centaure, afin qu’il soit initié aux Mystères. Cela ne fait-il pas écho à ces autres Mystères auxquels Orphée, lui aussi, sera initié en Égypte et ailleurs, ou dont il sera l’initiateur ? Aristée, cependant, fut puni de la mort d’Eurydice dont il était à l’évidence responsable…par la destruction de tout son troupeau de chèvres. Étrange comptabilité des Grecs…des chèvres contre une nymphe exquise, contre l’épouse d’Orphée en personne…Cyrène, la mère d’Aristée, lui ordonnera pourtant d’élever quatre autels aux dryades, compagnes d’Eurydice, puis de faire des sacrifices afin « de se rendre favorable l’ombre d’Orphée qui, à son tour, était parti pour le royaume des ombres ». Aristée finira ses jours en Thrace, partie d’Orphée, où il sera initié aux mystères de Dionysos. Comme Orphée, là encore, à croire qu’il est un « double » de ce dernier. Et comme Orphée encore, selon certains, Aristée est appelé parfois « le pur Apollon », ou « Hermès porteur de Bélier »…ce qui nous renvoie à l’opposé de la Balance, à la « nuit » du signe. Ainsi le mythe touchant à Orphée et à la mort d’Eurydice joue-t-il avec un des aspects mystérieux du signe lui-même. On a évoqué parfois, en rapport avec le Zodiaque égyptien, une zone d’une dizaine de degrés à la fin de la Balance qu’on a appelée Ophiocus ou Serpentaire ( à ne pas confondre avec la constellation Ophiocus située au tout début du Sagittaire). Sans adopter ce « treizième signe » ( si on le retenait, il faudrait accepter le principe égyptien des signes inégaux, dont aucun ne recouvre entièrement trente degrés), on peut s’interroger sur les liens qui unissent la Balance et le Scorpion, sur Eurydice qui se retrouve chez Hadès et qu’Orphée tentera de sauver. C’est là, peut-être, qu’elle acquerra son « féroce visage », celui de la mort effrayante. C’est là aussi, au royaume des enfers, que se jouera l’union de Proserpine et Hadès. Et dans un autre couple Balance, celui d’Éros et Psyché, nous retrouverons encore la reine des morts. Lorsque Orphée descend au royaume d’Hadès pour obtenir le retour de sa femme, c’est Proserpine qui se laisse attendrir sur le sort des amants séparés. Les chants plaintifs d’Orphée, certes, tireraient des larmes aux pierres, mais ils sont si beaux qu’ils ont le pouvoir de suspendre un moment le supplice des damnés. R.Graves va jusqu’à suggérer qu’Eurydice n’est autre qu’Hécate, déesse des Enfers, et que ce sont les victimes d’Eurydice et non la nymphe elle-même qui meurent piquées par des serpents. Et son nom de « grande Justice » pourrait aussi justifier cette hypothèse, la mort étant juste, équitablement partagée entre tous…Mais cette version n’est pas celle qu’a retenue la postérité. Pourtant les fils mystérieusement, subtilement tissés entre le royaume des morts, ces valeurs du Scorpion, et le besoin d’harmonie et d’amour, propre à la Balance, apparaissent, omniprésents, dans tous les mythes évocateurs de ce dernier signe. Et les couples follement épris dont la fin est tragique nous parlent du romantisme extrême de la Balance. Ainsi le romantisme implique-t-il sans doute qu’on ne puisse aimer sans se perdre, se détruire ou détruire l’autre.
Publié le 08/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
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Orphée n’échappe pas à ces lois. Fils d’un roi de Thrace selon les uns, d’Apollon selon d’autres, Orphée apparaît avant tout comme dispensateur d’harmonie. La force de cette harmonie autour de lui répandue apaise les grands fauves, fait chanter la nature et les pierres elles-mêmes, qui le suivent, tout comme les arbres. Toutes les bêtes viennent à lui, des plus douces aux plus féroces. Orphée séduit l’univers par sa voix, son chant, sa lyre. Il incarne la musique, sublime et violente tour à tour, qui accompagne les Ménades dans leurs danses, leur prodigue l’ivresse qui les fait tournoyer et induit leur transe sacrée. Est-il un Hellène venu apporter les paroles de sagesse aux Thraces barbares, en tant que fils d’Apollon ? Ou est-il le Thrace sauvage, fils du roi Œagre, soumis au pouvoir de Dionysos, y cédant ou cherchant à y échapper ? condamné, de toute façon, à hésiter, sur le mode Balance, entre Apollon et Dionysos, et à tenter de réconcilier ces dieux inconciliables, celui de la mesure et de l’esprit céleste, et celui de la vie luxuriante et débridée. s’il vient de cette terre chamanique d’où émergent des énergies puissantes et magiques, on conçoit qu’il soit entendu des fauves et, s’il peut les dominer, c’est qu’il en est un lui-même. Cependant s’il est fils d’un roi de Thrace, sa mère, Calliopé au beau visage, fait partie des Muses. C’est elle qui lui enseignera la musique… Et c’est d’elle, peut-être, qu’il tiendra ses donc, ses talents incomparables. Calliopé était Muse de l’éloquence et de la poésie, arts qu’Orphée maîtrisa mieux que quiconque. Est-il d’abord poète ou d’abord musicien ? La magie vient-elle de son verbe, avant de sortir de sa flûte ou de sa lyre ? Qui peut le dire ? Sa voix, sans doute, est l’outil dont il joue à la perfection, mieux que de n’importe quel instrument. Parole et chant. La constellation de la Lyre l’accueillera lorsqu’il achèvera son étrange destinée. Instrument des débuts de la musique, la lyre évoque ce chant « lyrique », ce « bel canto » qui exige une si rigoureuse perfection, une émotion si maîtrisée et si profonde qu’il galvanise encore aujourd’hui des foules presque fanatiques… On lui prête, peut-être de façon fantaisiste mais richement symbolique, un voyage en Égypte, avant qu’il rejoigne les Argonautes sur le vaisseau de Jason. Ou peut-être en cours de route, après avoir accompli sa tâche. On s’en souvient, il devait, à bord de l’Argo, marquer la cadence des rameurs, apaiser les tempêtes, surpasser le chant des sirènes, distraire les marins atteints du mal du pays… Quoi qu’il en soit, c’est à son retour qu’il rencontre la dryade Eurydice et l’épouse. Le nom d’Eurydice signifie Grande Justice. N’est-on pas là au royaume de la Balance ? Mais on l’appelle aussi parfois Agriopé, « au visage féroce »…ce qui fera surgir d’autres questions, suggérera d’autres interprétations.
Publié le 08/12/2008 à 12:00 par fanstastiquereve
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JEUX DE REGARD
À travers ces mythes de la Balance , nous rencontrons des histoires de couple, des êtres dont les noms sont à jamais inséparables. Mais aussi des récits amoureux qui se déroulent aux frontières de la mort, des interdictions de regarder et des jeux de séduction qui passent par le regard. On s’y donne à voir, mais qui voit ou qui est vu s’expose à tuer ou à mourir. Ou bien encore des histoires d’êtres écartelés entre des pulsions contraires. Ils cherchent passionnément à être justes, mais trancher leur coûte plus qu’à quiconque.